RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Le nom de Stuart Gordon est bien connu de la part des fans, même si son œuvre est souvent confondue avec celle de Brian Yuzna, avec qui va naître une fructueuse collaboration. Les deux compères sont quasi indissociables depuis un certain "Re Animator". C’est aussi le réalisateur qui reste le plus ancré à l’univers de Lovecraft, même si c’est pour l’adapter librement, le plus souvent avec une grande réussite.

Natif de Chicago, le jeune Stuart, se fait remarquer en faisant jouer dans l’université du Wisconsin, en cette année symbolique qu’est 1968, une pièce de théâtre satirique de Peter Pan. Il faut bien se remettre dans le contexte d’une époque ou la société restait fermée à toute innovation contestataire. On image aisément la réaction du public et des professeurs face à une version psychédélique de Peter Pan. La répression ne tarda pas à s’abattre sur Gordon et sa troupe qui furent un temps arrêtés. Conséquence logique : abandon des études, et donc pas d’obtention de diplômes.
La révolution des mœurs étant passé par là, les années 70 permirent à Gordon de persévérer dans la même voie, et se lança alors dans une carrière théâtrale. Sans renier son passé de trublion, il continue à œuvrer dans œuvres choquantes pour la bonne morale. En 1971, il crée l’Organic Theater de Chicago, une compagnie expérimentale, ce qui lui permet de superviser des pièces novatrices. Ce parcours théâtral va lui permettre de faire ses preuves derrière la caméra en adaptant pour la télévision une de ces pièces, "Bleacher Bums" (1979). Mais, pour l’heure le moment n’est pas encore venu pour Stuart Gordon, malgré cette première expérience de poursuivre dans la voie de la réalisation.
1985 : l’année de la révélation et de la consécration pour Stuart Gordon suite à ses rencontres avec le prolifique producteur Charles Band (patron alors de Empire Pictures) et Brian Yuzna. Adapté très librement de H.P Lovecraft, "Re Animator" s’avérera un savoureux mélange entre gore, pastiche et humour noir. Réussi en tout point, le film permet à Stuart Gordon de se lier d’amitié avec deux acteurs : Jeffrey Combs et Barbara Crampton, qui depuis se trouvent dans le giron du réalisateur. D’ailleurs, pas plus tard que pour son second long-métrage, "Aux portes de l’au delà" (From Beyond)- toujours inspiré par Lovecraft -, l’on retrouve la même équipe. Toujours aussi délirant, Stuart Gordon, nous donne à voir un trip sado masochiste particulièrement stupéfiant et qui ne laissera pas de marbre les fans de la très belle Barbara Crampton. Toujours satisfait du résultat, Charles Band, confie alors à son poulain, un nouveau projet : "Dolls- Les poupées". Pour cette fois-ci, on s’éloigne de l’univers de Lovecraft, pour se rapprocher plus d’un conte de fées horrifique, avec cette histoire de poupées tueuses (très à la mode à l’époque, entre les "Puppet Master" et "Chucky"). Le film démontre que Stuart Gordon est aussi à l’aise dans une histoire plus classique que dans ses premiers films déviants.
En 1990, il livre deux téléfilms, dont une très intéressante adaptation d’Edgar Poe, "Le Puits et le Pendule", avec Jeffrey Combs et Lance Henriksen. Il fait une incartade à son univers horrifique et s’attellent ensuite au scénario de "Chérie, j’ai rétrécit les gosses" pour Disney ( !), qu’il ne mettra pas finalement en scène. Il produira malgré tout la suite : "Chérie, j’ai agrandi le Bébé". Une facette assez méconnue de sa carrière.
Pour tenter de toucher un plus vaste public, il se retourne vers son ami Charles Band, qui lui confie un projet de Science-fiction, "Robot Jox", qui est la production la plus ambitieuse du producteur avec ses 10 millions de $. Ce fût une grave erreur car pendant le tournage même du film, Empire Pictures déposa le bilan et ferma ses portes. Le film fût quand même terminé mais s’avéra un four. Ne se décourageant pas, Stuart Gordon, revint à la SF à l’occasion de son plus gros budget : "Fortress" avec Christophe Lambert. Le résultat sera à moitié convaincant.
Pendant ce temps, Charles Band, reforma une nouvelle société, Full Moon, dont la majorité des films n’atteindront pas la qualité de celle de sa défunte maison de production. C’est le cas notamment de "Castle Freak" en 1995, qui bien que sympathique, montre vite ses limites. Le nom de Gordon étant un gage de qualité dans le genre, il apporte sa mention de producteur sur une petite oeuvrette comme le "Deathbed" de Danny Draven.
Stuart Gordon se fait assez discret dans la dernière décennie des années 90, mais prépare son retour à l’aune du 21ème siècle, en renouant avec l’univers de Lovecraft. C’est sous l’égide de la Fantastic Factory (qui vient d’ailleurs de mettre un terme à ses activités) de Brian Yuzna, qu’il va réaliser "Dagon" en 2001. Un retour aux sources gagnant, le film ne manquant pas de charme. En 2003, il s’essaie au thriller horrifique en narrant les exploits d’un tueur en série, "King of Ants" [dont malgré le titre, il n’est pas question de fourmis], au budget microscopique. Malgré ses restrictions, il s’en sort encore une fois avec les honneurs, faisant de lui un des maîtres de l’horreur.
Justement (quelle transition !), Mick Garris, fera appel à Gordon pour l’épisode "La maison de la sorcière". Une collaboration qui va se poursuivre avec la saison 2 des Maîtres de l’horreur, où Gordon renouera cette fois avec Poe, pour The Black Cat (Jeffrey Combs est annoncé dans le rôle du célèbre écrivain), qui avait inspiré à Fulci un de ses films mineurs.
Côté cinéma, on devrait retrouver notre réalisateur barbu, avec un film d’horreur (of course) du nom de "Stuck", qui marquera la renaissance de la société Amicus, grande rivale de la prestigieuse Hammer. Ainsi que pour un 4ème Re-Animator que lui confierait Brian Yuzna (après que ce dernier ait réalisé les deux séquelles).

Entouré de fidèles amis qu’il retrouve à intervalles réguliers : Brian Yuzna, Charles Band, Jeffrey Combs, Barbara Crampton, il reste aussi fidèle en amour puisqu’il est marié depuis 1968 à Carolyn Purdy-Gordon, qui aide de temps en temps son époux sur les tournages, allant jusqu à faire des apparitions dans ses films comme "Dolls-Les poupées", "Aux portes de l’au delà"…..

Gérald GIACOMINI
Le 29 mai 2006



Lionel Colnard
LUMIèRE SUR