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Né le 1er février 1955 dans le Bronx à New-York, William Lustig commence sa carrière dans les films érotiques. Il tourne ainsi en 1977 "Hot honey" et "The violation of Claudia" qu’il signe tous deux sous le pseudonyme de Billy Bagg.
Mais sa première incursion dans le cinéma d’horreur date de 1980 avec la sortie de "Maniac". ce film à lui seul recèle de trésors : l’apparition de l’acteur Joe Spinell plus vrai que nature dans le rôle du psychopathe Frank Zito qu’il incarne, la présence de Caroline Munro, ainsi que la musique de Jay Chattaway.
Si Joe Spinell ne signe pas le scénario, il est en tout cas l’instigateur de l’histoire. Considéré par beaucoup de fans comme étant l’un des meilleurs films de tueurs en série, "Maniac" n’échappera pas à la censure et se verra longtemps interdit de diffusion dans de nombreux pays. Lustig et Spinell deviennent inévitablement cultes.

Il faudra attendre 1983 pour que Lustig tourne à nouveau. Ce sera un thriller avec pour toile de fonds le thème de l’auto-défense, à l’instar de "Le justicier de la nuit" avec Bronson. "Vigilante - justice sans sommation" sort sur les écrans avec Joe Spinell toujours au casting mais dans un rôle mineur.
Lustig retrouve pour l’occasion son compositeur fétiche d’alors, Jay Chattaway. On l’aura compris, Lustig est un homme fidèle et aime à s’entourer de ses amis.

Puis vient l’année 1988 et la sortie de "Maniac cop" qui allait devenir une trilogie. Il faut savoir qu’au départ, "Maniac cop" se devait d’être plus ou moins une suite à "Maniac". A l’origine de ce projet, c’est Larry Cohen ("The stuff") qui soumet cette idée à Lustig, et qui deviendra par la suite son scénariste "quasi" attitré.
Là aussi "Maniac cop", tout comme "Maniac" possède de nombreux atouts, sans toutefois retrouver l’impact visuel et narratif de son prédécesseur : l’acteur Robert Z’Dar qui apporte son imposante silhouette au killer-cop, ainsi que la présence de Bruce Campbell, îcone depuis "Evil dead". C’est l’occasion aussi de retrouver dans le rôle du détective la légende de la boxe jack La Motta, dont Lustig est tout simplement le neveu.

Le 13 janvier 1989, Frank Zito rejoint le Paradis : William perd son acteur fétiche et ami Joe Spinell.
Et cette année là justement, rien de bien transcendant, si ce n’est que Lustig signe un thriller "Hit list" dont le seul intérêt réside dans la présence de Lance Henriksen ("Alien") au générique. Il réalise également "Psychokiller" avec le "grand" Robert Loggia aperçu chez Lynch dans "Lost Highway", ou bien encore dans "Innocent blood" et "Psychose 2".

Il s’essaie à la comédie en 1990 avec "Far out man" dans laquelle on retrouve Rae Dawn Chong notamment ("The borrower", "Darkside les contes de la nuit noire").
Puis il réalise la séquelle de "Maniac cop" : l’occasion de retrouver Robert Z’Dar et Campbell dans ce "Maniac cop 2", toujours scénarisé par Larry Cohen.

Trois années seront nécessaires avant de clôturer cette trilogie. "Maniac cop 3" sort en 1993, mais sans Bruce cette fois-ci. Pire, co-réalisé avec Joel Soisson, Lustig quittera le plateau avant la fin du tournage pour divergences avec la production, et reniera le film par la suite.
Force est de reconnaître que "Maniac cop", prévu initialement pour surfer sur le succès de "Maniac" ne sera qu’une pâle copie, si tant est que l’on puisse lui trouver des similitudes. Tout au plus cette trilogie reste sympathique, même si l’intérêt décroît rapidement au fur et à mesure des épisodes.

En 1995, il participe au tournage de "The expert", un film d'action qui bénéficie de la présence au casting de James Brolin ("Amityville la maison du diable"). Toutefois Lustig ne sera pas crédité au générique.
Sa dernière réalisation date de 1997 avec "Uncle Sam", ou l’histoire d’un "vengeur" républicain tombé durant l’opération "tempête du désert", et qui sévit le 4 juillet, jour de fête nationale américaine. Là encore, Larry Cohen signe le scénario de ce film qui se révèle être un véritable fiasco artistique.

Depuis, William Lustig a délaissé la réalisation et s’est reconverti dans la production et la distribution en créant sa propre compagnie en 2002.
En parcourant sa filmographie, on notera et ce, quelque soit la "valeur" des films, une qualité récurrente chez l’homme : il est un excellent Directeur d’acteurs.

Et s’il ne fallait retenir qu’une œuvre majeure du cinéaste, ce serait bien évidemment "Maniac" pour toutes les raisons citées précédemment, mais aussi car le film demeure à ce jour une référence des eighties en terme de psycho-movie.

Christophe JAKUBOWICZ
Le 3 mai 2006



Lionel Colnard
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