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De son véritable prénom Ruth Elizabeth, et fille de parents divorcés, elle fût élevée avec sa sœur par sa mère. Très tôt elle sût qu’elle voulait être actrice. Après être sortie diplômée de l’Académie Cushing, elle tente d’intégrer les cours d’Eva le Gallienne, célèbre professeur d’Arts dramatiques de l’époque. Mais son manque de motivation et sa frivolité lui vaudront de se voir refuser l’entrée.

Elle fait ses débuts à Broadway en 1929 et tourne en 1931 son premier film avec les studios Universal ("Way back home"). Après un second échec la même année avec "The bad sister", elle quitte l’Universal et rejoint la Warner Brothers avec qui elle signe un contrat de 7ans. Les années passant, Bette David sera affublée d’un surnom assez évocateur quand à sa légitimité en tant que femme et professionnelle : "The fifth Warner Brother" (le cinquième frère de la Warner)

En 1931, "Frankenstein" de James Whales sortait sur les écrans. Ce que l’on sait peu, c’est que le rôle de la vedette féminine devait à l’origine être tenue par Bette Davis justement. Finalement le rôle va échoir à Mae Clarke dont la piètre prestation (cela n’engage que moi) n’empêchera pas au film de s’installer au firmament des œuvres majeures du cinéma fantastique.

De ce fait (mais sans cause à effet), il faudra attendre 31 années pour apercevoir Bette Davis dans une production de genre. "Qu’est-il arrivé à Baby Jane?" de Robert Aldrich sort en 1962 et elle obtient pour ce rôle sa 11ème nomination à l’Oscar pour la meilleure actrice ! La statuette lui échappe, et pour l’anecdote, c’est Joan Crawford, sa partenaire dans le film qui ira chercher le trophée destiné à Ann Bancroft.

Car en 1962, Bette Davis est une star, que dis-je, un monstre sacré, une véritable légende vivante du cinéma. Elle vient déjà de traverser trois décennies à jouer dans de nombreux chefs-d’œuvre, et tous les plus grands réalisateurs se l’arrachent. Sur ses 11 nominations à l’Oscar, Bette en obtiendra deux durant la guerre : en 1936 pour "Dangerous" et 1939 pour "Jezebel".

Parmi plus de 130 films, elle va s’adonner de plus en plus aux cinéma de genre dans les années 60 et 70. Ainsi en 1964 on la retrouve dans "La mort frappe trois fois" de Paul Heinrid, qui pour la petite histoire jouât le cardinal dans "L’exorciste 2 : l’hérétique" en 1977, alors âgé de 69ans.
Toujours la même année, elle retrouve Aldrich pour "Chut chut Chère Charlotte" avec Olivia de Havilland pour partenaire. Les années 60 se clôtureront par deux films: le premier en 1965 avec "Confessions à un cadavre" aka "The nanny" de Seth Holt (qui tourna entre autres le 4ème film de momies pour la Hammer "Blood from the mummy’s tomb"), le second étant "The anniversary" de Roy Ward Baker ("Les cicatrices de dracula").

Durant les années 70 qui seront ses années les plus prolifiques dans le genre, on la retrouve notamment à la TV en 1973 tout d’abord dans "Scream pretty Peggy" puis en 1978 dans "Dark secret of harvest home". En ce qui concerne la cinéma elle tourne "Trauma (1976)" de Dan Curtis en 1976 avant de rejoindre John Hough ("American gothic") sur le tournage de "les visiteurs d’un autre monde" en 1978 avec pour partenaire le grand Christopher Lee ("Dracula, prince des ténèbres"). Elle participera également à "Mort sur le nil" d’après Agatha Christie, et réalisé par Jon Guillerin ("King-Kong 1976").

Les années 80 verront Bette Davis apparaître de plus en plus à la TV dans des téléfilms avec plus ou moins de bonheur, mais elle débute la décennie avec le réalisateur d’"American gothic" qu’elle retrouve pour la seconde fois dans "Les yeux de la foret"***. Son dernier rôle dans un film de genre sera "Ma belle-mère est une sorcière" en 1989 réalisé par Larry Cohen ("The stuff", la trilogie "Le monstre est vivant"). Ce sera aussi son dernier rôle tout court.

Atteinte d’un cancer, Bette Davis s’était "réfugiée" en France durant les dernières années de sa vie. Et c’est à Neuilly-sur-Seine, en région parisienne, que cette grande dame que l’on surnommait "The First lady of film" s’est éteinte à l’automne 1989.

Malgré un physique peu en phase avec les critères de beauté hollywoodien (Bette avait les yeux globuleux et le menton proéminent), il n’en reste pas moins qu’elle possédait malgré tout un charme indiscutable et qu’elle fit de ses différences physiques un atout supplémentaire à son génie d’actrice. Capable de tout jouer, elle était aussi connue pour avoir un caractère bien trempé et des coups de gueule mémorables, à l’instar d’une Mae West. Elle se mariera aussi 4 fois, se retrouvant veuve une fois et divorçant 3 fois. Deux de ses unions lui donneront trois enfants.

Aujourd’hui encore, Bette Davis est une référence pour toute une génération d’actrices. Peu de comédiennes à ce jour peuvent prétendre à un tel charisme. Plus qu’un icône, Bette est irremplaçable et demeurera une légende du 7ème Art.

*** Le film est chroniqué sur le site.

Christophe JAKUBOWICZ
Le 1er mai 2006



Lionel Colnard
LUMIèRE SUR