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De sa véritable identité Alida Maria Laura Von Altenburger, et fille du Baron Gino Von Altenburger, cette future grande dame du cinéma italien naît en Italie en 1921. Elle grandit à Vienne puis à Rome où elle va prendre des cours de théâtre dès l’âge de 15ans. Un an plus tard elle tourne son premier film "Les deux sergents" de Guazzoni.

Sous contrat avec l’illustre producteur David O’Selznick ("Autant en emporte le vent" entre autres"), elle tourne un nombre respectable de chef d’œuvres sous sa houlette : "Procès paradise" d’Hitchcock en 1947, "Le troisième homme" de Reed en 1949. Elle tourne également avec de grands noms du cinéma italien, tels que Visconti ("Senso" en 1954), Antonioni ("le cri" en 1957), Pasolini ("Œdipe Roi" en 1967)…

Mais revenons à l’époque de la seconde guerre mondiale. Alida met sa carrière entre parenthèse à cette époque, refusant de tourner dans des films qu’elle juge à caractère fasciste. Elle devra notamment se cacher pour éviter une éventuelle arrestation et exécution. Elle épouse en 1944 le peintre Oscar de Mejo à qui elle donnera un fils en 1945. Une année forcément heureuse mais malgré tout marquée par le drame. Sa mère est arrêtée et exécutée par les anti-fascistes. Pour l’anecdote, son fils Carlo de Mejo, deviendra lui aussi acteur, notamment "chez" Lucio Fulci ("Frayeurs", "La maison près du cimetière", "La malédiction du pharaon"). Alida divorcera en 1952.

Dans le genre qui nous intéresse, Alida a tourné régulièrement durant les décennies 60 et 70.
En 1959, sous la direction de Franju, elle apparaît dans le superbe "Les yeux sans visage" qui reste sans aucun doute son meilleur rôle dans le cinéma de genre. Elle tourne pour la première fois avec Bava dans "Lisa et le diable" en 1972 puis enchaîne avec deux métrages en 1974: tout d’abord "Tendre Dracula" aux côtés de Peter Cushing, puis dans "L’antechrist" de De Martino. La fin des années 70 la consacreront dans trois films appartenant à la légende du cinéma de genre : en 1975 elle retrouve Bava pour "La maison de l’exorcisme" avant de retrouver Dario Argento, un autre (jeune) maestro italien dans "Suspiria" en 1977, puis "Inferno" en 1979.
Elle tourne également dans "Killer nun" en 1978, puis "Fatal frames" en 1996, avant de participer à son dernier film (un thriller) "Semana santa" en 2002.

Avec plus de 120 films au cours de sa carrière, Alida Valli fût l’incarnation parfaite de la beauté et de l’intelligence. Celle que l’on comparait à Greta Garbo pour son élégance et son magnétisme, s’est éteinte à Rome il y a quelques jours. Une triste nouvelle, évidemment.

Christophe JAKUBOWICZ
Le 25 avril 2006



Lionel Colnard
LUMIèRE SUR