RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Une actrice Mythique :voilà ce qu’allait devenir la jeune Caroline lorsqu’elle vît le jour en janvier 1950. Elle grandit au sein d’une famille relativement rigide qui la place notamment chez les sœurs pour son éducation: une anecdote ironique lorsque l’on connaît la future carrière de la "dame", axée en partie sur son physique sculptural et ses talents vocaux, mais pas seulement.

A l’adolescence, Caroline est une jeune fille superbe, si jolie que le célèbre magazine "Vogue" l’immortalise sur pellicules. Mais c’est d’un autre art dont rêve la jeune femme : le cinéma. Elle n’attendra guère puisqu’en 1967, elle rejoint le casting du James Bond "Casino Royale". Certes elle n’est que figurante et non créditée au générique, mais qu’importe : le destin se charge d’elle rapidement et sa beauté évidente ne peut que se révéler aux yeux de certains producteurs.

C’est chose faite en 1971 et sur les terres qui l’ont vu naître. Elle rejoint la célèbre firme Hammer où elle se retrouve à l’affiche de L’abominable Docteur Phibes*** aux côtés de Vincent Price, mais sans apparaître à l’écran, puisqu’elle incarne Victoria Phibes, la défunte épouse du Docteur. On est donc en droit de penser qu’après "Casino Royale" et cette "absence" de plus dans ce film, elle semble mal partie.

Grossière erreur : ce premier rôle inaugure une longue série de rôles à venir pour Caroline, et son passage à la Hammer contribuera à sa renommée, et ce encore aujourd’hui. Elle est alors à l’apogée de sa beauté en 1972 et c’est logiquement qu’elle tourne "Le retour du Docteur Phibes", toujours aux cotés de Vincent Price, et la présence de Peter Cushing au casting (qu'elle retrouve peu de temps après sur le tournage de "Dracula A.D 72").

1972 est également l’année de sa rencontre avec le "grand" Christopher Lee ("Dracula prince des ténèbres") dans "Dracula 73"; la belle et la bête seront une aubaine pour la firme anglaise. "Dracula A.D 72" nous offre une Caroline qui crève l’écran et fait souffrir nos oreilles. Elle gagne ses galons de Scream-Queen avec ce film, et dès lors les années 70 vont lui permettre d’enchaîner une multitude de rôles.

Elle poursuit donc inexorablement sa carrière et se laisse tenter en 1974 avec le film d’aventures "Le voyage fantastique de Sinbad", et à nouveau dans l’horreur avec "Captain Kronos". En 1975 elle tourne "Evil Baby" puis "Centre Terre 7ème continent" en 1976.

A ce moment précis, Caroline est déjà une égérie certes, mais connue principalement des fans de films de genre. L’année 1977 va combler le vide la séparant d’une reconnaissance mondiale et populaire. 10 ans après sa figuration dans "Casino Royale", elle est choisie pour incarner Naomi, une "James Bond Girl" dans "L’espion qui m’aimait" aux côtés de Roger Moore, et d'une autre Bond Girl, Barbara Bach ("le dieu alligator"). Exit l’apparition furtive de 1967 et jolie revanche : Caroline devient fantasme.

En 1979, elle cabotine dans le très décalé "Starcrash" où elle fait la connaissance de Joe Spinell. Une rencontre visiblement essentielle, puisque l’année suivante ils tournent tous deux dans le film culte de Lustig : "Maniac". le film choque, subit la censure, mais Caroline peut exulter : elle est à nouveau dans une œuvre majeure et incontournable.
Ce ne sera pas leur unique collaboration de jeu puisqu’en 1982, David Winters les réunit à nouveau dans le délirant "Fanatic" ("Les frénétiques").

Le tournant des années 80 sera moins convaincant pour la belle, mais elle continue de tourner dans quelques séries B. Ainsi on la retrouve à l’affiche d’un slasher "Le jour des fous" en 1986, puis dans "Howl of the devil" en 1987 de Paul Nashy, ainsi que dans "les prédateurs de la nuit" de Jess Franco en compagnie de Brigitte Lahaie ("Calvaire").
En 1989, elle apparaît dans "Vampyre" et "Le chat noir" (stupidement rebaptisé "Démons 6").

Les années90 seront "vierges" pour Caroline. Elle se dirige alors vers la musique et notamment le rock. Elle participe également à de nombreuses conventions de l’horreur dans le monde entier.

Elle ne reviendra sur les écrans qu’en 2003 dans "Flesh for the beast", un film monstrueusement fauché ; mais le plaisir de la retrouver reste intact. Elle tourne également en 2005 dans "The absence of light" accompagnée de Tom Savini – qu’elle avait déjà croisé sur "Maniac" où il faisait une apparition en disco boy – mais également de David Hess ("la dernière maison sur la gauche"), Tony Todd ("candyman") et Michael Berryman ("la colline a des yeux).

Un Mythe: Caroline Munro fût la seule actrice à signer un contrat avec la défunte Hammer : indétronable et immortelle en quelque sorte.

*** La critique de ce film est disponible sur le site.

Christophe JAKUBOWICZ
Le 23 mars 2006.



Lionel Colnard