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Isabelle Yasmine Adjani voit le jour en juin 1955 à Gennevilliers dans la région parisienne. D’origines allemandes de par sa mère et algériennes/turques de par son père, la jeune Isabelle côtoie le cinéma dès son plus jeune âge. Ainsi elle débute en 1969 dans "Le petit Bougnat" de Bernard Toublanc-Michel.
Elle suit le cours Florent et c’est tout naturellement qu’elle se dirige vers le théâtre: elle interprète "Ondine" en 1972 et la Presse s’enflamme immédiatement pour la jeune comédienne.

En 1975, François Truffaut lui offre le rôle d’Adèle Hugo dans "L’histoire d’Adèle H." et c’est le début de la consécration : elle décroche une première nomination pour le César de la meilleure actrice ainsi que pour l’Oscar. Elle n’a que 20 ans, et même si elle ne gagne aucun des deux prestigieux trophées, sa carrière est lancée.

Son incursion dans le cinéma fantastique date de 1976 et de sa rencontre avec Polanski ("Le bal des vampires") qui la dirige dans "Le locataire", où elle campe une "savoureuse" nymphomane.

En 1978, Werner Herzog tourne le remake de "Nosferatu le vampire" de Murnau. Il fait appel à Isabelle pour le premier rôle féminin, aux côtés du génial Klaus Kinski, parfait pour incarner le célèbre vampire de "Nosferatu, fantome de la nuit". La performance est double : Adjani incarne à la perfection l’objet du désir, alors que Kinski réussit l’exploit d’effrayer quasiment sans maquillage (un choix du réalisateur). Sans toutefois égaler la force de l’original, "Nosferatu, fantome de la nuit" est un film superbe, doté d’une mise en scène et d’une photographie magnifiques.

1979 marque la naissance de son premier enfant Barnabé avec le photographe Bruno Nuytten dont le travail illuminera la pellicule de "Possession" deux ans plus tard.

En 1981, elle tourne avec Zulawski le film dans lequel elle semble s’être le plus investie émotionnellement. "Possession" sort sur les écrans et sa performance lui vaut de remporter son premier César. Cette histoire de triangle amoureux suinte l’amour, la folie et bon nombre de sentiments exacerbés. Aux côtés de Sam Neill ("La malediction finale", "Event horizon"), Adjani ne joue pas : elle est. Telle une possédée, elle offre une composition hystérique qui lui vaudra de sortir du tournage particulièrement éprouvée psychologiquement. Elle reconnaîtra d’ailleurs avoir suivi une thérapie sitôt le film terminé.

Les années 80 seront celles du succès permanent, enchaînant entre autres avec "Mortelle randonnée" et "L’été meurtrier" en 1983 (son deuxième César). Sans entrer dans la catégorie de films nous concernant, ces deux métrages témoignent d’une violence psychologique évidente.

Reconnue comme une "Diva" outre-atlantique, ses participations américaines seront de véritables échecs. "Ishtar" avec Warren Betty et Dustin Hoffman sera un flop total, et "Diabolique" qu’elle tourne en 1996 avec Sharon Stone ("Basic instinct") connaîtra le même sort. Pour ce dernier, remake du chef-d’œuvre "Les diaboliques" de Clouzot, la critique sera incendiaire et qualifiera le film d’insulte à l’original. L’année précédente elle met son deuxième enfant au monde, Gabriel Kane, de sa liaison avec l’acteur Daniel Day Lewis.

Adjani, comme on la nomme désormais [le privilège des "grand(es)" d’être appelé(es) par leur nom] est à ce jour l’actrice la plus récompensée aux César. "Camille Claudel" et "La reine Margot" la consacrant une fois de plus respectivement en 1988 et 1994 (elle est également nominée à l'Oscar pour "Camille Claudel"). De nombreux prix couronnent sa carrière que ce soit en Italie, au Festival de Berlin, ou encore à Cannes dont elle fût la Présidente du Festival en 1997.

En permanence sur le fil du rasoir dans ses compositions, Adjani possède cette qualité rare et indispensable de se mettre professionnellement "en danger". Un atout majeur pour exprimer des émotions extrêmes qui jalonnent le cinéma d’horreur et fantastique.
Actrice charismatique, auréolée de mystère depuis ses débuts, Adjani semble depuis quelques années plus disponibles médiatiquement. Aussi elle parcourt l’Europe et l’Asie entre autres (elle y est considérée comme une véritable "déesse vivante"), accorde plus d’interviews que par le passé et surtout remonte sur les planches en 2000 pour "La dame aux camélias" pour une poignée de représentations exceptionnelles. L’affiche attire les foules et c’est un triomphe pour celle qui incarne alors Marguerite Gautier.

Absente du cinéma de genre depuis 1981, l’essentiel réside dans ce qu’elle nous en laisse : à savoir 3 œuvres majeures et magiques qui marquent aujourd’hui encore bon nombre de cinéphiles.

Christophe JAKUBOWICZ
Le 18 mars 2006



Lionel Colnard
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