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C’est très jeune que Victor Salva tient sa première caméra à la main. A 13 ans précisément où il réalise ses premiers courts-métrages en super 8. Mais c’est bien plus tard à l’université qu’il va réellement prendre conscience de sa passion pour le cinéma, et qu’il veut en faire son métier. En 1986 il s’inscrit à un concours organisé par Sony où Francis Ford Coppola fait partie du jury. Salva remporte le premier prix dans la catégorie Fiction avec son court "Something in the basement".

En 1988, le futur cinéaste fait la une des faits divers. Accusé puis dénoncé par un mineur de 12 ans, il est reconnu coupable et condamné pour attouchements sexuels. Une condamnation qui aurait pu lui fermer bien des portes. Cependant Coppola saura se souvenir de lui et accepte de financer son premier long métrage.
Ce sera "Clownhouse" en 1989, un thriller mettant aux prises trois jeunes gens face à des clowns tueurs. Une petite série B divertissante et encourageante, qui lui permet alors de poser un premier pas dans l’industrie réelle du cinéma.

Quelques années s’écoulent et il faut attendre 1995 et la sortie de "The nature of the beast" pour retrouver un film de Salva distribué en salles. "Hatchet man" (autre nom dudit film) met en scène une histoire de serial-killer sur fond de road-movie : l’occasion de retrouver Lance Henriksen ("Alien 3" "Terminator") et Eric Roberts ("Raptor") dans un face-à-face formidable et plutôt ambigu.
La même année sort "Powder" : une production Disney contant les aventures d’un jeune homme doté du pouvoir de télékinésie, avec Sean Patrick Flanery dans le rôle titre, et l’occasion de retrouver Jeff Goldblum ("La mouche") accompagné de Lance Henriksen. Le film remportera le Prix du Public au Festival de Gerardmer en 1996.

En 1999, Salva change de registre et réalise un drame "Rites of passage" dans lequel il fait un petit caméo en pianiste d’hôtel.
Puis vient l’année 2001 et "Jeepers Creepers" qui va le révéler au plus grand nombre. Le film est un succès un peu partout dans le monde. L’apparition de ce nouveau "monstre" marque les esprits et s’inscrit rapidement comme une nouvelle icône de l’horreur.
Victor Salva n’ayant jamais caché son homosexualité, les suppositions quant à l’orientation du Creepers sont sans équivoque, et le monstre affiche une préférence pour les proies masculines. De plus, en insistant sur la précision olfactive de la créature, Salva impose dès lors une "sensualité" fortement morbide du Creepers.
C’est donc très logiquement que "Jeepers Creepers 2" voit le jour deux ans plus tard. Le réalisateur enfonce le clou et jette en pâture cette fois-ci non pas un jeune homme mais une équipe complète de basketteurs. Le film est bourré de qualités et le Creepers réellement effrayant : beaucoup plus rythmé que le premier opus, ce second volet remporte là aussi un franc succès.

Salva est un réalisateur torturé et son œuvre majoritairement ancrée dans le fantastique est également un prétexte à disséminer semble-t-il un bon nombre de ses "fantasmes".

2003 est aussi l’année de "Delux Combo Platter" avec Jennifer Tilly notamment ("Le fils de chucky" "La fiancée de chucky") : une comédie romantique mâtinée d’amours saphiques…
En 2006 sortira "The Watch" (La ronde) et le retour de Salva dans le film d’horreur, avec cette histoire de démon créé par les nazis pour décimer une troupe de soldats durant la seconde guerre mondiale.
Année prolifique puisque devrait également sortir sur les écrans "Peaceful Warrior", narrant l’histoire d’un étudiant sportif dont la vie va être bouleversée après sa rencontre avec un étranger.

Nul doute que Victor Salva a du talent. Certains verront d’un mauvais œil son passé judiciaire et s’offusqueront précisément de ses références sexuelles souvent nombreuses dans ses films.
L’artiste cependant semble être un homme de réflexion, un homme libre et sûr de ses choix.
Ce qui n’est pas du goût de tous dans le milieu du cinéma, mais qu’importe : Salva ne fait pas de films pour plaire aux producteurs, il n’est pas à proprement parler un homme de compromis. Il fait juste un cinéma qu’il espère sincère, et souhaite avant tout que chaque spectateur puisse voir et comprendre son "intimité" artistique somme toute assez "décalée". Mais généreuse.

Christophe JAKUBOWICZ
Le 10 février 2006.



Lionel Colnard
LUMIèRE SUR