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Sharon voit le jour au sein d’une famille modeste. Son père était un ouvrier d’usine et sa mère était femme au foyer. La petite Sharon est la seconde enfant sur un total de quatre. Grâce à son intelligence (la légende, véhiculée par l’actrice elle-même, lui attribue un QI de 154 !), elle se passionne pour la lecture, et notamment pour les études de droit. Elle se destine alors à être avocate. Ce qui ne l’empêche pas d’être attirée par le cinéma, spécialement les films en noir et blanc, dont ceux avec Fred Astaire et Ginger Rogers. A l’âge de 17 ans, la belle Sharon remporte le prix de Miss Pennsylvanie. Tout en travaillant à mi-temps dans un MacDo, Sharon devient top-modèle pour la firme Ford.

Pour avancer, Sharon va mettre en avant sa beauté. Il lui suffit de quelques secondes dans "Stardust Memories" de Woody Allen pour attirer l’attention. Comme de nombreuses jeunes actrices, son premier rôle important, elle l’acquiert dans "La ferme de la terreur" de Wes Craven, un film d’horreur assez mineur, et qui ne permettra pas à sa carrière de véritablement décoller. Dans les années 80, elle enchaîne les séries B d’aventure et d’action les plus routinières : "Les mines du roi Salomon" (1985) aux côtés de Richard Chamberlain, "Action Jackson" (1988) et dans le fond du panier "Police Academy 4" et "Nico" avec Steven Seagal. En gros, se contentant d’être le faire-valoir du héros mâle.

Elle auditionne sans succès pour "Liaison fatale" (qui ira à Glenn Close), "Batman" (rôle dévolu finalement à Kim Basinger), "Dick Tracy" (donné à Madonna).

Elle épouse en 1984 le producteur de "MacGyver", Michael Greenburg. Un mariage qui ne durera que deux ans.

En 1990, son actualité est double. Sharon Stone fait parler d’elle en posant nue pour le magasine Playboy et connaît enfin le succès au cinéma en interprétant la femme de Schwarzenegger dans le film de SF "Total Recall". Le film cartonne au box-office. Un film de SF plutôt intelligent, au point que Sharon avouera ne pas avoir tout saisi des motivations de son personnage.

Mais contre toute attente, c’est le film suivant qui fera entrer Sharon au firmament des stars hollywoodiennes : "Basic Instinct". C’est encore grâce à Paul Verhoeven- grand amoureux des actrices blondes à l’instar d’Hitchcock-, que la belle va squatter les premières places du box-office. Dans ce thriller sulfureux, Sharon joue de son charme pour prendre dans ses filets un inspecteur de police (Michael Douglas). Rare pour un film qui écope d’une interdiction aux moins de 16 ans. Il attire plus de 4 millions de spectateurs en France dans les salles obscures. En un film, elle devient un sex-symbol planétaire, et est nominée aux Golden Globe. En revanche, les relations entre l’actrice et le réalisateur seront des plus glaciales suite à un "quiproquo" concernant la célèbre scène de l’interrogatoire.

Comme de nombreux (ses) acteurs (actrices), elle se retrouve piégée dans les rôles de femmes fatales : "Silver", un ersatz bas de gamme de "Basic Instinct" ou encore le film d’action "L’expert" ou une scène d’amour avec Sylvester Stallone provoquera l’hilarité générale.

Beaucoup de cinéphiles sarcastiques cataloguent la miss comme accumulant nanars sur nanars, mais ce serait vite oublier une partie (non négligeable) de sa filmographie : l’excellent western de Sam Raimi, "Mort ou vif", l’intéressant (mais qui demande un certain niveau d’analyse tellement il est éloigné des codes hollywoodiens) "Sphère" de Barry Levinson et SURTOUT l’extraordinaire "Casino" qui sonne comme l’apogée de sa carrière. Grâce au film de Martin Scorsese, la voilà en course pour un oscar (qui lui échappera d’ailleurs).

Radieuse, lumineuse, divine, Sharon aborde, la seconde décennie des années 90 comme une conquérante. Mais voilà, "la Roche Tarpéienne est proche du Capitole", et à l’instar d’autres stars des années 80 (Stallone, Schwarzenegger, Demi Moore), difficile de s’adapter au temps qui passe. "Diabolique", "La muse", "Gloria", "Les puissants"…. autant de films qui passèrent quasiment inaperçus. Sharon Stone serait-t-elle devenue "has been" ? Elle tente d’ailleurs de casser son image sulfureuse sans succès.
Elle voit ses cachets à la baisse et se consacre alors prioritairement à sa vie privée. Elle épouse en février 1998, un des magnats de la presse de San Francisco, Phil Bronstein. Le couple adoptera un enfant.

2001 : la nouvelle selon laquelle Sharon a du être hospitalisée d’urgence suite à une grave hémorragie cérébrale, qui faillit lui coûter la vie, met le monde du cinéma en émoi.
L’actrice se remet doucement, fait le point sur sa vie et se sépare notamment de Phil Bronstein en 2004.
Voilà Sharon repartie à la conquête du cinéma qui fait de nouveau appel à ses services. Après avoir été membre du jury de Cannes en 2002, elle est de retour en grâce auprès des studios hollywoodiens : "La gorge du diable", "Catwoman" ; un retour pour l’instant raté au vu de la médiocrité (nullité !) des films précités. Gageons qu’en reprenant son rôle de Catherine Tramell dans "Basic Instinct 2", on la verra renouer avec le succès qu’elle mérite. Une séquelle tardive et pour laquelle Sharon a repris le rôle dont elle a voulu si longtemps se séparer.

Sharon Stone est l’une des rares actrices hollywoodiennes à avoir une telle image de glamour, mais qui ne l’empêche pas de se consacrer aux causes humanitaires, notamment dans la lutte contre le sida. Elle soutient aussi la cause des gays et des lesbiennes.
Grande amie de Jeanne Moreau, elle est décorée de l’insigne de Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres, par le gouvernement français en 1995.

Gérald GIACOMINI
Le 9 février 2006.



Lionel Colnard