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Star de la télé hollandaise, Rutger Hauer a commencé sa carrière en participant à quelques séries télé : "Floris", "The Pathfinders". Pour peu de temps car une rencontre va bouleverser son destin et lancer sa carrière au cinéma.

C’est celle avec le réalisateur Paul Verhoeven, qui bien avant d’aller exercer son talent à Hollywood, faisait déjà figure d’électron libre du cinéma européen.
Ainsi, les deux hommes vont se retrouver à maintes reprises pendant plus de dix ans : "Turkish Delight" (1973), "Katie Tippel" (1975), "Soldier of Orange" (1977), "Spetters" (1980). Leurs carrières semblent à ce point indissociables que l’on retrouve Rutger Hauer en tête d’affiche du premier film américain de Verhoeven : "La Chair et le Sang". Un déluge de violence et de crudité tel, que Verhoeven devient très vite la figure de proue d’une cinéma violent et non édulcoré. Le personnage de Hauer, fort peu sympathique, le met dans la peau de Martin, un chevalier aux mœurs cruelles. Une force mélangée à une attirance animale font de Rutger Hauer, un acteur atypique dans le landerneau des stars lisses du cinéma américain.
Mais Hauer avait traversé l’Atlantique bien avant Verhoeven, et était déjà une vedette au moment de "La Chair et le Sang". Sa participation au film (avec Jennifer Jason Leigh) aida plus la carrière du Hollandais violent que la sienne même. Trois ans auparavant, Hauer avait en effet été propulsé en haut de l’affiche dans le film de SF, culte depuis, "Blade Runner". Encore un rôle de méchant pour Rutger, dont le principal risque est de se laisser piéger par ce type de personnages "négatifs", comme le démontrera son rôle d’auto-stoppeur peu sympa dans "Hitcher". Dans ce road movie de 1986, Hauer terrorise deux jeunes gens (Thomas Howell et encore la belle Jennifer Jason Leigh). Pour l’acteur, c’est le sommet de sa carrière.
Notre acteur hollandais préféré trouve le temps d’interpréter un rôle à contre-emploi de ceux qu’il tient habituellement. C’est dans "Ladyhawke" un film fantastique merveilleux où son amour pour Michelle Pfeiffer se trouve contrarié par une terrible malédiction. Un rôle à part, et pourtant au départ, il aurait dû interpréter le rôle du méchant de service. Comme quoi, il a une certaine image auprès des producteurs et des réalisateurs. Difficile de s’en défaire. Débute alors la longue spirale des films d’action estampillés séries B.

Son heure de gloire révolue, Hauer va aligner les films passe-partout et violents : "Wanted : dead or alive" de Gary Sherman, "Wedlock" de Lewis Teague, "Hemoglobine", "Turbulences 3", "Dracula III"… Au creux de la vague, le revoilà dans le film : "Buffy, the vampire slayer" (1992). Un film tellement raté qu’il est surprenant qu’une série (à succès) s’en inspira. Surprenant aussi que la carrière de Rutger Hauer ne se soit pas stoppée net après coup.
Terrible constat d’une carrière qui descend pendant que Hauer engrange les kilos. Ce qui ne l’empêche pas de se retrouver dans des séries B de luxe pour la télé : "Merlin", "Le dixième royaume", "Salem’s lot". Certaines séries font appel à ses services, se souvenant de la trogne irremplaçable de Hauer : en tant que guest star dans "Alias", "Smallville". La cinquantaine passée, notre ex-fringuant Rutger n’est plus en haut de l’affiche, mais négocie bien ses derniers choix, devant certes se contenter d’apparitions, mais pas dans n’importe quels films : Rodriguez fait appel à lui pour son "Sin City", et il côtoie Christian Bale dans "Batman Begins".

Gérald GIACOMINI



Lionel Colnard