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Alex Chandon naît dans le nord de Londres en 1968. Très tôt, ses parents l’emmènent avec eux au cinéma, où il verra "Jaws" à l’âge de 6 ans. Le double d’années lui suffira pour commencer à tourner de petits courts-métrages en Super 8.

"Tales from the Crypt", "Evil Dead" et "Bad Taste" sont pour lui de véritables révélations, auxquelles il restera toujours fidèle. C’est néanmoins dans une école d’art et de peinture qu’il fera ses études et qu’il obtiendra ses diplômes, quand bien même ses premières œuvres ne plairont pas à ses professeurs…

Il tourne en effet son premier court-métrage en 1991, à l’âge de 23 ans. Tourné en 16mm pour environ 350 livres sterling, "Bad Karma" raconte comment deux prosélytes de Krishna s’invitent dans une réception familiale avant de se transformer en monstres et de massacrer tout le monde. Comique et gore, il obtient le premier prix dans une compétition organisée par un magazine d’horreur et gagne aussitôt l’estime du milieu underground.

Vient ensuite le plus sinistre "Drillbit", en 1992. Destiné au départ à impressionner Lloyd Kaufman et bénéficier d’une production Troma, le court-métrage se présente comme "le plus long trailer de l’histoire du cinéma" et raconte cette fois l’histoire de patients atteints par le virus du Sida, qui suivent une cure "spéciale" et se transforment en zombies. Si Kaufman ne donne pas suite, "Drillbit" obtient pourtant un nouveau prix et assoit la réputation de Chandon dans les circuits indépendants.

Après cinq années où il travaille sur des clips et divers projets, il revient avec "Pervirella", son premier long-métrage (1997). Comédie de science-fiction où apparaissent déjà Emily Bouffante et Eileen Daly, le film est un mélange de "Barbarella" et de Monthy Python où se conjuguent l’humour, le sexe, le kitsch et le mauvais goût. La Reine Victoria y survit grâce à des décoctions artificielles, régnant sur les landes de Condom, où la perversion sexuelle est interdite. Mais l’un des membres de la famille royale cultive secrètement le culte de Perv, et capture une jeune fille dont les appétits sexuels insatiables vont sonner le glas de l’empire britannique!

Vient alors la rencontre déterminante avec le groupe de black/death metal "Cradle of Filth". Nouant une grande amitié avec Dani Filth, Alex Chandon réalise trois clips de "From the Cradle to Enslave", tous dotés d’une imagerie ténébreuse et théâtrale, puis le documentaire "Pandaemoneon", qui recueille clips, morceaux lives et scènes en coulisse. Les deux amis projètent ensuite de réaliser un grand film opéra-rock où les membres du groupe seraient des démons massacrant des millions de gens, mais l’idée s’avère rapidement irréalisable et dérive sur un scénario de film gore : ce sera "Cradle of Fear", en 2001.

Succès relativement satisfaisant pour ce long-métrage hypertrash, construit sur le modèle de "Tales from the Crypt" et "Asylum", deux grands classiques de la firme Amicus en 1972. Dani Filth y incarne le fils diabolique de Kemper, un psychopathe sataniste commanditant des meurtres depuis le fond de sa cellule d’asile d’aliénés. Grâce à des relations bien placées, le film, à la fois classique, mal foutu, répugnant, jouissif et branché, échappe à la censure anglaise et commence tout juste à faire des bénéfices.

Alex Chandon travaille actuellement à une séquelle de "Cradle of Fear", ainsi qu’à un hommage à l’un de ses films préférés de Roman Polanski, "Répulsions". Depuis son travail avec le groupe "Cradle of Filth", il produit de nombreux clips de la scène métal, comme par exemple ceux de "Cannibal Corpse". Ses films d’horreur récents préférés sont "Versus, l’ultime guerrier" (Ryukei Kitamura, 1999), "Evil Dead Trap" (Toshiharu Ikeda, 1988), "Naked Blood" (Toshiyasu Sato, 1995) et "Session Nine" (Brad Anderson, 2001) .

Stéphane JOLIVET



Lionel Colnard