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Donald Pleasence est né à Nottinghamshire, en Angleterre, après la Première Guerre mondiale (le 5 octobre 1919). Plus jeune des deux fils d'un chef de gare, il fait état très tôt de son souhait de devenir acteur. A cause de problèmes financiers, il ne peut rejoindre la Royal Academy of Dramatatic Art lorsqu'il le désire. Donald passe alors une année et demi à gagner de l'argent en travaillant dans une gare. Jugeant qu'il a suffisament d'argent en poche, il tente l'aventure théâtrale en rejoignant le théâtre de l'île de Jersey. Car, avant d'être l'acteur de cinéma célèbre qu'il est devenu par la suite, son premier amour est le théâtre. L'acteur s'aguerrit à son métier, se produisant même dans des salles londoniennes. Au moment où sa carrière semble sur le point de décoller, la Deuxième Guerre mondiale éclate. Sa carrière est mise entre parenthèses.

Au début du conflit, Pleasence fait état de ses convictions pacifistes, et reste à l'arrière du front. Toutefois, il se décide à prendre part à la guerre, et entre dans la British Royal Air Force. Son avion est touché lorsqu'il survole le territoire français. Fait prisonnier, il doit subir des tortures physiques et mentales. Son retour au pays ne se fait pas sans peine. La seule méthode pour évacuer son traumatisme est de se remettre au travail.

On le retrouve au Birmingham Repertory Theatre et au théâtre de Bristol, et même à New York, où il cotoie les plus grands acteurs de l'époque: Vivian Leigh et Laurence Olivier entre autres. Auréolé de son expérience américaine, il rentre en Grande-Bretagne, où il adapte en 1952 une nouvelle de Robert Louis Stevenson: "Ebb Tide". Jusqu'au milieu des années 50, il se consacre au théâtre, avant d'être attiré par l'univers du cinéma et de la télévision.

Après avoir débuté dans des rôles sans importance au cinéma, il se fait connaître des spectacteurs essentiellement via la petite lucarne, en incarnant le fourbe Prince Jean dans la série "Les Aventures de Robin des Bois" (1955-1958). Dans les années 60, Donald Pleasence apparaît dans plusieurs classiques traitant de la Deuxième Guerre mondiale: "La grande évasion" (1962), "La nuit des généraux" (1967). Une méthode pour le comédien de se débarrasser de ses traumas ? Possible. Son regard "hypnotique" le fait incarner un des plus célèbres méchants des James Bond, Blofeld, dans "On ne vit que deux fois" (1967). En dehors de ces rôles dans des films classiques et grand public, cet immense acteur commence à se montrer intéressé par l'univers des films d'horreur: "Le cirque des horreurs", "Les mains d'Orlac"... Entre temps, il ne délaisse pas les planches et interpréte un millionnaire juif fou, qui personnifie le criminel de guerre nazi, dans "The Man in the Glass Booth" de Robert Shaw. En 1967, il se trouve nomminé par plusieurs magazines comme le meilleur acteur. L'apogée de sa carrière en somme. Du moins, pour les amateurs de classicisme. Les fans de films d'horreur et de cinéma de genre se rejouiront que l'acteur vieillissant va devenir l'une des icones du cinéma d'épouvante. Avec la classe si british que nous lui connaissons.

Dans les années 70, Pleasence se retrouve dans "Le métro de la mort" de Gary Sherman, "Frissons d'outre-tombe", "Evil Baby" de Peter Sasdy, "Les chats du diable"... Mais, c'est surtout sa rencontre avec John Carpenter qui va définitivement orienter la dernière partie de sa carrière. Parfait dans la peau du docteur Sam Loomis dans "Halloween" (1978), il va se retrouver prisonnier des rôles de docteur par la suite ("Buried and alive", "Alone in the dark" de Jack Sholder, ou encore dans "Phenomena" d'Argento en spécialiste des insectes). Au point de retourner à cinq reprises à la poursuite de Michael Myers. On le retrouve souvent, dans les années 80, au générique des films de John Carpenter, au point que l'on peut le qualifier d'acteur fétiche du maître: "New York 1997", "Prince des Ténèbres". C'est sous la direction de Carpenter que la carrière de Pleasence connaît une seconde jeunesse. Mais, à jamais prisonnier de la saga "Halloween", c'est là qu'on le retrouve pour la dernière fois. Dans "Halloween 6, la malédiction de Michael Myers", l'acteur apparaît malade et fatigué. Il ne tardera pas à décéder peu après le tournage, le 2 février 1995 dans le sud-est de la France, à Saint-Paul de Vence. Laissant derrière lui une filmographie impressionnante et des rôles inoubliables à jamais.



Lionel Colnard