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Jean Rollin tient une place à part dans le milieu du cinéma français. Logique car à l’époque où la nouvelle vague française triomphe, il se lance dans un genre méprisé par l’intelligentsia : le cinéma fantastique. La vision de ‘’Capitaine Fracasse’’ de Abel Gance, dans sa plus jeune enfance, le marquera au point de lui donner envie d’être réalisateur. Il devra attendre son service militaire pour apprendre quelques éléments du montage en travaillant sur des films de recrutement. De retour à la vie civile, il devient assistant et stagiaire. Comme nombre de metteurs en scène, il s’essaie d’abord aux courts-métrages (‘’Les Amours Jaunes’’, ‘’Ciel de Cuivre’’).
Enfin, en l’année 1968 (révolutionnaire à bien des égards !), Jean Rollin arrive à faire aboutir son premier long-métrage : ‘’Le Viol du Vampire’, un mélange d’univers vampirique à la mode érotique. Ce qui deviendra sa marque de fabrique. Des films où l’image prime sur les dialogues (sentant souvent l’improvisation, avec aussi la participation d’acteurs non professionnels). Qu’importe pour le metteur en scène, pour qui le cinéma opère d’abord sur le sens de la vue. Dans la même veine, suivront ‘’La vampire nue’’, ‘’Le Frisson des vampires’’, ‘’Vierges et vampires’’. Ces dernières années, Rollin est revenu à la mise en scène de son thème de prédilection favori : le film de vampires (‘’Les deux orphelines vampires’’ en 1997, et en 2002 ‘’La fiancée de Dracula’’). On trouve des obsessions récurrentes dans la majorité de ses films : univers oniriques, châteaux, vampires, lesbiennes et jumelles. Pour ce dernier élément, c’est la rencontre avec Catherine Castel, qui lui avoua avoir une soeur jumelle (Marie-Pierre) qui va être le déclencheur de son intérêt pour la gémellité. Ce duo, sorte de symbole d'une immortalité, d'une vie qui se poursuit dans l'autre.
Entre temps, des contraintes souvent financières l’obligèrent à se tourner essentiellement vers le cinéma pornographique (il a co-réalisé notamment avec Marc Dorcel, ‘’Le Parfum de Mathilde’’, film bien connu des fans). Au creux de la vague dans les années 80, à cause de la frilosité des distributeurs et la fermeture de salles diffusant les films bis, il se tourne vers l’écriture. Aujourd’hui, il fait figure de défenseur d’un cinéma à part et indépendant dans une époque où tous les films sortent du même moule.



Lionel Colnard
LUMIèRE SUR