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Avant de franchir le pas de la réalisation, Deodato fait ses armes en tant qu’assistant réalisateur. A peine âgé de vingt ans, il travaille alors pour des réalisateurs italiens abordant des genres cinématographiques hétéroclites : "Les évadés de la nuit" (de Roberto Rossellini), "Danse macabre" (d’Antonio Margheriti), "Django" (de Sergio Corbucci). Après dix ans à jouer les seconds couteaux, le jeune metteur en scène se voit confier des séries B où il touche à quasiment tout les genres (SF, aventures, comédie musicale, western) durant les années 1968-1969. Rien de bien marquant au demeurant, mais qui confère à Ruggero le goût de réaliser. Pourtant, il s’éloigne un temps du grand écran, pour la télévision - un dérivatif bien pratique et couramment pratiqué en Italie lorsque les réalisateurs peinent à financer leurs projets.
Au milieu des années 70, après deux thrillers restés inédits en France, Deodato va lancer une vague horrifique d’un nouveau type : le film de cannibales. Coup sur coup, il offre aux spectateurs deux CHOCS. D’abord, "Le dernier monde cannibale" (1977). Violent, dur, insupportable.. les qualificatifs ne manquent pas pour qualifier cette œuvre véritablement éprouvante. En 1980, il récidive avec "Cannibal Holocaust", film culte et sulfureux dès sa sortie. Bien avant "Blair Witch", le réalisateur utilise le procédé de la découverte de la vidéo de malheureux journalistes disparus dans l’Amazonie pour accroître un sentiment de malaise, et conférer un aspect documentaire. Inévitablement, "Cannibal Holocaust" fait un véritable scandale, notamment autour de la mort d’animaux durant le tournage. Le doute est même apparu au sujet des acteurs, qui ont dû se montrer pour démentir les rumeurs de leur mort. Des difficultés telles auraient dû décourager Deodato de retourner dans l’horreur cannibale qui l’a rendu mondialement célèbre. Et pourtant, quelques années plus tard, il tourne "Amazonia, la jungle blanche". Cette fois-ci, il se heurte à des producteurs frileux. Résultat : un long-métrage plus proche du film d’aventures que du film d’horreur pur et dur, malgré la présence d’atrocités toujours saignantes.
Ruggero Deodato est aussi responsable d’autres films d’horreur - moins connus - qui témoignent de sa part d’un véritable intérêt pour le genre. Des films moins novateurs car reprenant des concepts venus d’Amérique. Que ce soit un survival prenant pour modèle "La dernière maison sur la gauche" de Wes Craven, jusque dans son titre : "La maison au fond du parc" ; ou encore le slasher avec "Body Count". A noter qu’en 1987, il donne à l’Héroïc-Fantasy, une de ses curiosités les plus ringardes (dont l’Italie s’est faite une spécialité dans la décennie ’80) : "Les Barbarians".
Le reste de sa filmographie est bien moins passionnant, naviguant entre films catastrophes, films à suspense et productions télévisées. Plus discret ces dernières années, il continue de tourner mais plutôt pour les pubs. Les temps étant difficiles en Italie pour les réalisateurs "hors- normes".



Lionel Colnard
LUMIèRE SUR