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Pouvez-vous vous présenter rapidement (ou longuement) à nos lecteurs ?

FRANCOIS : Je m’appelle François Gaillard. Avec Blackaria, je viens de terminer mon 4ème long-métrage, ma première coréalisation… et surtout, le premier film dont je suis vraiment content.

CHRISTOPHE : Je m’appelle Christophe Robin, pour ma part, c’est mon premier long métrage, et ma première coréalisation en même temps.

Questions techniques ensuite : budget, durée du tournage, type de caméra, ce genre de choses.

FRANCOIS : Alors… comme vous devez vous en doutez, Blackaria ne dispose pas d’un budget pharaonique. Loin de là. Mais je ne préfère pas non plus en communiquer le montant, car j’ai peur que cette information vienne à handicaper la carrière du film. Il y a une dizaine d’années, on restait admiratifs devant un film qui tient la route avec un micro budget. Aujourd’hui, en des temps plus "bling bling", on a tendance à juger un film à son budget, et non l’inverse. Bref, j’ai peur des préjugés. Le tournage a été morcelé d’abord sur deux semaines, puis ici et là en fonction des emplois du temps de chacun… mais si on met tout bout à bout, ça nous ramène à un bon mois de tournage. On a tourné le film en mini DV, avec une PD 170 tri CCD de chez Sony. Un format aujourd’hui qui semble dépassé, à l’heure des écrans plats où tout le monde tourne en full HD. Mais bon, la PD 170, c’est moins cher. Du coup, on a beaucoup travaillé les éclairages avec la directrice de la photo Anna NAIGEON (qui joue aussi dans le film le rôle d’Anna Maria) et on a eu recours à un filtre diffuseur comme on en utilisait dans les années 70, notamment dans le cinéma érotique. Bref, sachant qu’on n’avait pas les moyens de se payer ces caméras full HD dont tout le monde parle, on a joué la carte du flou artistique, du "vintage". On a nagé en total contresens de ce qui se fait aujourd’hui. Même chose concernant le cadre. On n’avait ni grue, ni travelling à notre disposition, alors, on a appuyé les zooms, et travaillé surtout la composition des cadres. On a essayé de convertir notre faiblesse en force.

Question ironique : Pourquoi avoir voulu faire un giallo, alors que tout le monde fait des survivals en banlieue ? C’est pas très vendeur sur le marché, non ?

FRANCOIS : Mais justement : il faut nager à contresens, faire ce que l’on aime ! Nous on aime le giallo, car même le plus pourri regorge d’idées complètement barrées, d’audaces visuelles, ou d’excès crapoteux. Tout le monde parle de mode, d’étude de marché… Le cinéma ne doit pas être qu’une étude de marché, faut laisser ça aux producteurs. Nous, notre boulot, c’est d’illustrer ce que l’on aime à travers notre art ! Ouais, ça fait un peu "on se la pète artiste", mais j’en ai marre d’entendre parler de stratégie, de tactique, de relationnel, uniquement de technique, et jamais de références culturelles… ou contre-culturelles, bien sûr ! Le survival en banlieue, c’est pas ma tasse de thé : filmer des gens qui se mettent sur la gueule en secouant la caméra, pourquoi pas, mais au bout d’un moment, faut passer à autre chose, merde ! J’ai l’impression qu’on bouffe le même plat depuis 2002. C’est pour ça qu’il faut encourager des projets aussi atypiques que AMER. Je ne dis pas ça parce qu’il s’agit d’un film imprégné de l’image du giallo, je dis ça parce que ce film nous propose enfin autre chose que des gars au crâne rasé, qui portent des brassards sur des bombers en criant "Enculé, enculé, suce mon gun !" devant une shaky-cam. Le giallo, c’est quand même chaleureux, sensuel, coloré. De loin, ça reste mon sous-genre préféré.

Une des choses qui m’a frappé dans Blackaria, c’est une volonté de rendre hommage à certains films de la grande époque du giallo, en réécrivant de manière personnelle des scènes marquantes que l’amateur pourra percevoir au premier coup d’œil. On pense par exemple à " Six femmes pour l’assassin", "Torso", "La longue nuit de l’exorcisme", " La dame rouge tua 7 fois" ou pour l’ambiance générale d’autres films de Dallamano ou Ercoli. Cela fonctionne remarquablement bien d’ailleurs. C’est volontaire, j’imagine ?

FRANCOIS: Merci beaucoup. Oui, c’est vrai qu’on est imprégné de cette culture là. Mais nous avons essayé de la réinterpréter. Nous pensons l'avoir digérée. Bon, je dois avouer que je pense régulièrement à ces films de manière consciente lors des tournages. Mais pour moi, ils sont avant tout des outils de lecture avec lesquels je me permets d'écrire ma propre histoire.

Que représente pour vous le giallo ?

FRANCOIS: Pour moi, il s'agit avant tout d'un véritable exutoire, un univers foisonnant au sein duquel le réalisateur peut intégrer ses fantasmes, ses obsessions. Ce que je veux dire, c'est que le giallo, qui est censé être la descendance de romans de gare italiens, est à la base un simple genre de film d'exploitation. Mais l'univers est si latin, si sexué, si fétichiste, si excessif, que chaque metteur en scène peut y mettre de sa personnalité, tenter des expérimentations visuelles, citer et réinterpréter des classiques indétrônables, comme PSYCHOSE, SUEURS FROIDES ou LES DIABOLIQUES. Sachant que le giallo au cinéma a émergé à l'aube des 60's, et en Italie, c'est une véritable terre de liberté cinématographique. C'est pour ça que le genre est si ancré dans les mémoires. Car s'il y a peu de véritables chefs d'œuvre dans le genre, tous, mais absolument tous, possèdent au moins une scène, un passage, une idée complètement barrée dont on ne retrouve l’équivalent que dans le cinéma d’exploitation japonais de la même époque.

Au départ le film devait être une anthologie avec trois histoires différentes, vous vous orientez vers un métrage façon "Les trois visages de la peur" ?

FRANCOIS: Oui, c'est exactement ça. Mais le concept n'est pas abandonné pour autant. Nous sommes un collectif du nom de SCHOOL'S OUT, et nous nous serrons les coudes, les uns sur les films des autres. Nous avions lancé un concept d'une série de films contenant chacun trois sketchs : 3 HITS FROM HELL. Vu que j'avais écrit la plupart des scénars, je m'en étais réservé un pour moi tout seul, et effectivement, je me le fantasmais comme mes 3 Visages de la peur. Toute proportion gardée, hein? Mais tout ne s'est pas passé comme prévu : j'ai tourné un premier sketch: un giallo de 26 minutes, très inspiré BAVA/FULCI que je dois finaliser. Par la suite, j'ai voulu tenter autre chose que le giallo : j'ai tourné un court sur un loup-garou... et le résultat était très mauvais, pour ne pas dire catastrophique. Du coup, j'ai appelé Christophe à la rescousse pour mettre ce court de côté, et tourner ce qui devait être mon 3ème sketch. C'est devenu BLACKARIA, une coréalisation entre Christophe et moi. Son apport pour la direction d'acteur m'a finalement permis de me concentrer sur mon approche visuelle du giallo. De mon côté, j'ai finalement compris que le giallo, c'était la voie à suivre! On a été tellement complémentaire, que le court est finalement devenu un long, sur les conseils du maquilleur David SCHERER, qui y voyait là notre meilleur travail. Du coup, avec un sketch dans la nature, mon 3 HITS à moi est bel et bien mort ! Mais le concept n'est pas abandonné pour autant, car les autres membres de SCHOOL'S OUT sont sur le point d'en finaliser un : il regroupe THE BLACK FOREST, le très beau film d'Aurélie GODEFROY (la dame en rouge de BLACKARIA) OVERNIGHT SENSATION, un thriller de Thomas SZCZEPANSKI et BEWARE OF DARKNESS, une coréalisation entre Guillaume BEYLARD et Nima RAFIGHI.

Où avez-vous recruté toutes les ravissantes naïades qui peuplent le film ? Les filles sont toutes comme cela à Montpellier ?

CHRISTOPHE : Non, autant être honnête, nous cherchions avant tout des femmes volontaires, impliquées, qui se sentaient un minimum concernées par le projet. De plus, si ces femmes là disposent d’un charisme se rapprochant des starlettes du cinéma d’exploitation des 70’s, c’est un bonus ! Il faut savoir que ces filles là connaissaient notre travail. Clara et Aurélie avait déjà tourné avec François, et Anna connaissait notre univers en tant que directeur de la photo. Ces filles devaient avant tout pouvoir nous faire confiance, rapport à l’ "érotisation" de certaines scènes.

FRANCOIS: Euh... toutefois, il y a pas mal de bombes à Montpellier quand même... bien plus que dans une ville comme Paris ! Un tour dans la rue, et j'attrape un torticolis.

Un petit mot sur vos deux comédiennes principales, Clara Valet et Aurélie Godefroy. Je crois savoir que ce sont deux amatrices et pourtant elles s’en sortent vraiment bien dans deux rôles différents. Plus généralement, comment gérez-vous les comédiens sur le plateau ?

CHRISTOPHE : Comme je le disais, la confiance est un élément primordial. Dans les deux sens, dans la mesure où je laisse aux comédiens, et surtout aux actrices, une grande marge de liberté dans leur jeu. A certains moments, je leur donne quelques petites précisions sur le background de leur personnage, avant de tourner une scène.

FRANCOIS: Il faut dire aussi que si Aurélie et Anna connaissaient très bien l'œuvre de Mario BAVA, Christophe a procuré une série de gialli à Clara. On lui a rabâché les oreilles avec cet univers, on lui a montré des extraits de bis italiens, mais aussi de films de Henri VERNEUIL ou encore Philippe LABRO. Les filles savaient donc dans quel type de fiction elles s'aventuraient. Elles ont toutes les trois une sensibilité artistique. Clara est chanteuse d'Opéra, Aurélie est photographe et réalisatrice, et Anna est aussi un directeur de la photo. Avec leurs parcours respectifs, il était évident qu'elles allaient avoir une approche très personnelle de leurs rôles !

Vous ne semblez pas accorder beaucoup d’importance aux dialogues, ils ne semblent être là que par obligation afin de ne pas trop perdre le spectateur. Suis-je dans le vrai ou ai-je fumé la moquette ?

CHRISTOPHE : En fait, nous reconnaissons que les dialogues restent un élément essentiellement narratif, censé justifier certains partis-pris visuels. Bien sûr, quand nous disons cela, nous restons dans le cadre de Blackaria. Je crois que c’était déjà un parti-pris de François, quand il en était au stade de l’écriture. Le dialogue est ici une forme de moteur, qui relance les enjeux de l’intrigue, et qui peut rendre le film plus accessible aux gens réfractaires à ce type d’univers.

L’équipe du film semble avoir fait un gros effort sur les lumières et l’éclairage, là encore pour intégrer les codes de certains gialli, est-ce difficile de parvenir à ce résultat ?

FRANCOIS: Ces efforts, on les doit à la charmante Anna Naigeon. Comme je le disais, elle connait non seulement Mario BAVA, mais aussi ses méthodes de travail. BAVA : c'est l'anti Darius Khondji !!! Toujours en avance sur son travail, un vrai sens de la démerde, une pure générosité : comment donner beaucoup, avec très peu. Eh bien Anna a suivi ce raisonnement à la lettre. Je ne révèlerai pas ses secrets, mais la rapidité avec laquelle elle a conçu la lumière de l'ascenseur... Elle a agi vite et bien. Elle n'est pas du genre à se tripoter le nombril, non, elle fait vite tout en soignant son travail. Elle ne torche jamais. Quand on manque de sources, elle stylise à mort. J'adore sa façon de bosser. Nue comme habillée (lol).

Si je vous dis que la musique est un compromis entre les Goblins et Fabio Frizzi avec une touche de "modernité" ?

FRANCOIS : C’est drôle, parce que je la perçois exactement comme ça. Surtout lorsque je cale les morceaux sur le montage. J’ai vraiment en tête ces deux influences, rapport à FULCI et ARGENTO bien sûr. Mais pour DOUBLE DRAGON, le groupe qui a composé la BO, si les GOBLINS font parties de leurs références, il s’agit des GOBLINS période TENEBRES, rapport à la tendance électro. FRIZZI, je ne pense pas… Je sais qu’ils sont surtout influencés par les premières BO de John CARPENTER, et le travail de Georgio MORODER…

J’ai trouvé que vous abordez avec beaucoup de minutie les scènes érotiques et que vous mettiez un point d’honneur à ne pas en montrer plus qu’il ne fallait, considérez vous que l’érotisme est beaucoup plus "parlant" lorsqu’il est légèrement suggéré ?

CHRISTOPHE : Comme vous le dîtes, ce type d’érotisme est beaucoup plus parlant. Nous ne voulions en aucun cas évoquer un univers pornographique ou vulgaire. Nous souhaitions avant tout esthétiser les fantasmes refoulés du personnage féminin interprété par Clara VALLET

Un des personnages secondaires s’appelle Cozzi, est-ce un hommage à Luigi Cozzi ?

FRANCOIS : Ah oui… il y a un flou là-dessus, car lorsqu’Angela se présente chez l’opticien, je voulais qu’elle se présente sous un faux nom. Son personnage se nomme Angela DUCCI, mais elle prononce Angela COZZI ! J’y ai pensé à l’arrache, le jour du tournage. En voyant l’opticien derrière son comptoir, j’ai tout de suite pensé à Luigi COZZI dans sa boutique PROFONDO ROSSO, à Rome. Et puis, j’adore STARCRASH, CONTAMINATION, et le génial THE KILLER MUST KILL AGAIN.

Ne pensez-vous pas que le giallo est un pur produit de son époque, les 70’s et sa contre-culture, et qu’il aura bien du mal à renaître un jour de ses cendres ?

FRANCOIS : Aaaaaaaaaaaargh !!!! Faut pas dire ça… enfin, un peu si… Disons que les plus beaux gialli s’imprègnent d’une époque où le cinéma voulait tout magnifier : les femmes, les décors, les costumes. Regardez 6 FEMMES POUR L’ASSASSIN, on était en 1964 : c’était les 60’s, les James BOND, les LEONE, les films de la HAMMER, les adaptations de POE par CORMAN. Tout devait être beau ! Même en France : n’importe quel film de George LAUTNER avait de la gueule ! Ca s’est prolongé dans les années 70, mais le giallo est devenu vulgaire et vain lorsqu’il a assimilé la culture des années 80 : nuques longues, photo grisâtre et moule burnes ! Alors, oui, le giallo est fortement ancré dans les années 60-70, mais je pense que les personnes qui tentent de faire du giallo aujourd’hui, sont justement à la recherche de la beauté "cinégénique" de cette époque. On ne parle pas de reconstitution, mais plutôt de direction artistique. Au Festival de Sainte Maxime, j’ai vu un autre giallo de 43 minutes, d’un certain Marc DRAY : IL GATTO DEL VISO D’UOMO. J’ai été très impressionné en découvrant une direction artistique très soignée, des couleurs qui pètent, et finalement, un esprit très rétro. Idem pour AMER. Je n’ai pas vu le film encore (grrrrrrrr) mais d’après ce que j’ai vu, les réalisateurs, à travers leurs références, ont imprégné leur langage cinématographique de cette "cinégénie" très 60’s/70’s. Donc, je ne dirai pas que le giallo appartient à une époque, mais plutôt à la direction artistique des films de cette époque. Pourquoi se dire que ce qui est beau n’appartient qu’au passé ?

CHRISTOPHE : On parle d’ailleurs d’un renouveau du giallo. AMER suscite beaucoup d’espoir. Ca prouve qu’il y a une demande, une attente.

Dans les crédits du générique, vous remerciez ( outre les grands réalisateurs de giallo et d’horreur), Marilyn Chambers. Vous aussi, vous êtes allé voir ce qui se passait derrière la porte verte ?

FRANCOIS : Je suis fou de Marylin CHAMBERS. Non pas qu’il s’agisse d’une bombe, mais elle avait un putain de charisme ! Un charme bien à elle ! Et puis, elle représentait une époque où le porno était imprégné d’une certaine naïveté, où les films étaient tournés sur pellicule. Des films qui n’hésitaient pas à expérimenter, comme le montre justement DERRIERE LA PORTE VERTE. Et puis, Marilyn a prouvé qu’elle pouvait être une actrice traditionnelle convaincante, elle a quand même remplacé Sissi SPACEK sur le tournage de RAGE de David CRONENBERG !

J’ai trouvé que votre respect et vos hommages au giallo ne plombait pas le film par un trop plein (comme c’est trop souvent le cas dans les dernières productions made in france du genre) , mais qu’au contraire vous arriviez à inclure tout cela dans un univers personnel, disons fétichiste et violent. Une part d’autobiographie là-dedans ?

FRANCOIS : Non, mais une grande part de fantasme !!! Quand on n’est pas verni dans la vie, le cinéma nous permet de compenser tout ça ! Oh, je ne suis pas à plaindre, hein… mais je n’ai jamais fait partie des beaux gosses, des gagnants, des fils de riche… alors, je me souviens que ado, je me réfugiais dans le dessin, où je pouvais exprimer tout ce que je fantasmais. J’étais le roi de mon propre univers ! Avec le cinéma, c’est encore mieux ! Je concrétise mes rêves les plus fous, des images que j’ai en tête. Je dirige de très belles femmes ! Regardez la scène de l’ascenseur entre Clara et Anna ! Je me suis éclaté ! Alors que si je n’avais pas eu l’ambition de les faire tourner dans un film, ces deux filles ne m’auraient sans doute jamais adressé la parole !

Vous semblez vouer un culte à l’immense Lucio Fulci et votre film peut-être vu comme un mélange entre le giallo onirique et la violence sanguinolente et parfois gore de sa grande période tripailles. Lucio est-il le plus grand ?

FRANCOIS : Oui, Lucio est le plus grand … avec Mario BAVA quand même ! Lucio, c’est l’excès, le "jusqu’au boutisme" ! Aussi bien dans la violence que dans le sexe ! Je pense que lorsque vous évoquez la période tripailles, vous pensez à ses films de morts vivants. Je les trouve excellents, mais je ne pensais pas à ces films là sur BLACKARIA ! Je songeais plus au VENIN DE LA PEUR, à LA LONGUE NUIT DE L’EXORCISME, et à L’EMMUREE VIVANTE ! Et je le reconnais, L’EVENTREUR DE NEW YORK, même si je l’aime moins que ceux que je viens de vous citer. Car pour moi, le grand Lucio, c’est aussi celui de ces gialli ! Regardez le premier quart d’heure du VENIN DE LA PEUR ! Mais c’est de la pure folie !!! C’est beau, c’est psychédélique, c’est culotté !!! Tous ces jump cuts, ces rêves ou Florinda BALKAN se retrouve dans une foule de gens nus ! On passe du décor d’un compartiment de train à une espèce de galerie aux murs blancs ! Sans parler de la scène d’amour MAGniFIQUE avec la sublime Anita STRINDBERG ! J’idolâtre FULCI, mais je trouve dommage qu’il ne soit réduit qu’à ses excès gore ! Même s’ils restent impressionnants ! Jusqu’à 1982, il filmait les femmes comme des déesses ! Autant que Mario BAVA, et bien mieux qu’ARGENTO ! Regardez plutôt : Jennifer O NEILL, Catriona Mac COLL, Marisa MELL, Barbara BOUCHET !!! Aaaargh ! Elles sont toutes superbes dans ses films ! Nues come habillées !!! Et puis, j’admire beaucoup FULCI, l’homme aussi. Je me reconnais dans son amour des films, ses opinions politiques, son humour, et même son caractère de vieux grincheux !

Votre film tourne dans pas mal de festivals, comment est-il accueilli ? Vous êtes toujours à la recherche d’un distributeur ?

FRANCOIS : Alors, en fait, le film n’a jusqu’ici été présenté qu’au SMIHFF. Ca ne s’est pas trop mal passé, puisqu’on nous a décerné le prix de bronze ! (lol) Mais bon, même s’il a plu dans l’ensemble, on ne peut pas dire qu’il ait fait l’unanimité. On a même essuyé quelques réactions agressives. C’est normal ça. Comme vous l’avez signalé, on n’a pas choisi la voie la plus facile. Il sera présenté le 5 Avril à L’Etrange Festival de LYON. Je ne sais pas du tout comment ça va se passer… Quand je vois les réactions à l’égard de AMER à GERARDMER, et que nous n’avons pas le dixième de leur budget ; je me dis que la partie n’est pas encore gagnée… mais ça fait partie de la règle du jeu, ça fait monter l’adrénaline !

Vous résidez à Montpellier, connaissez-vous Fréderic Grousset, le réalisateur des intrigants "Aquarium" et de "Climax" tourné lui aussi dans cette ville ?

FRANCOIS : Oui, on se connait un peu avec Fred… mais on ne peut pas dire qu’on soit proche. C’est normal, car si nous partageons tous les deux une passion commune pour le cinéma de genre, nous ne l’abordons pas de la même manière. Mais c’est tant mieux, ça fait plus de voies différentes à explorer. Il est important que nous ayons chacun notre propre vision du cinéma !

J’ai noté aussi qu’il y avait sur Blackaria, Nima Rafighi comme conseiller artistique (lui aussi est de Montpellier d’ailleurs), un grand fan du giallo et qui a tourné pas mal de courts sous influence Argento, il en est où de ses projets ?

CHRISTOPHE : Nima est une personne dynamique qui a déjà tourné une centaine de court-métrages. Ce chiffre est véridique. Je sais que ses derniers projets sont de plus en plus précis, où son talent est de plus en plus prononcé. C’est une personne aussi de confiance qui lorsqu’il participe à un projet, s’investit à 100%. Dernièrement, en plus du court-métrage "Beware Of Darkness", il a entamé ce qu’il nomme sa "trilogie de la nuit". Une série de trois courts relatant chacun une nuit d’amour qui se termine mal ! Il a aussi présenté un court-métrage en compétition au SMIHFF : un très beau giallo intitulé LES LARMES DE VERRE.

Edwige Fenech, Anita Strindberg ou Marisa Mell ?

CHRISTOPHE : Marisa Mell !

FRANCOIS : Marisa Mell et Anita STRINDBERG ! Je prends les deux.

Vos 5 giallo ? Vos 5 films préférés ? (ou plus ou moins...)

CHRISTOPHE et FRANCOIS : 1- "LE VENIN DE LA PEUR" 2- "L’EMMUREE VIVANTE" 3- "LES FRISSONS DE L’ANGOISSE" 4- "6 FEMMES POUR L’ASSASSIN" 5- "UNE HACHE POUR LA LUNE DE MIEL" Et en bonus, nous citerions le "PULSIONS" de Brian DE PALMA, qui, à sa façon, est un giallo, bien qu’américain. Mais il reste l’un des plus démonstratifs et des plus maîtrisé. Un pur joyau !

Votre rêve de cinéphage ?

FRANCOIS : Un giallo érotique, onirique et psychédélique avec Marylin CHAMBERS qui remonterait à l’aube des 70’s, qu’on aurait retrouvé caché dans les fonds de tiroir de Brian De PALMA !

Vos futurs projets cinéma ?

FRANCOIS : Christophe et moi allons entamer en mai le tournage d’un nouveau giallo, mais radicalement différent de BLACKARIA. Nous allons en explorer une autre facette. Pour le moment, je ne préfère plus, car mai approche à grands pas ! Après quoi, je dois enquiller de mon côté sur un polar : MENS INSANA IN CORPORE SANO. C’est financé, entre autres, par MAD FILMS, qui sort le 7 avril un long-métrage en salles : 8th WONDERLAND !

Pour conclure, avez-vous déjà visité une prison turque ?

CHRISTOPHE : Oui, en rêve, je désire réaliser un projet là-dessus.

FRANCOIS : je crois que ça fait partie de tes projets solos.

Pour lire la chronique du film, c'est ici http://www.horreur.com/critique-1795-blackaria.html

Propos recueillis par Lionel JACQUET - Septembre 2010



Lionel Colnard

LUMIèRE SUR