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Bonjour Simon, vous êtes un compositeur mondialement connu, quand avez-vous commencé à être intéressé par la musique ? Etait-ce un choix ou quelque chose d’inné ?

Mes parents étaient très enthousiastes à l’idée que j’apprenne le piano classique et j’ai commencé mes leçons à l’âge de 5 ans. Il s’avéra que j’avais un feeling naturel vis-à-vis de ça. Ce fut à l’âge de 8 ans que j’écris un thème avec des variations dans les styles de Mozart, Chopin et Bach.

Qu’écoutiez-vous à ce moment précis ?

Mon véritable mentor était Mozart, mais j’ai commencé à écouter la musique Pop de l’époque, spécialement les Beatles et les Stones. Mais c’est lorsque j’ai vu Jimi Hendrix à la TV alors que j’avais 12 ans que j’ai réalisé que la guitare était un instrument beaucoup plus attirant et même sexy. Avec l’aide de mon frère, Chris, j’ai appris quelques accords et j’ai ensuite appris seul. Hendrix demeurait alors ma principale inspiration.

Quelle fut votre première réalisation (personnelle ou professionnelle) ?

En 1975 j’ai contribué à deux titres instrumentaux de guitare acoustique sur un album appelé "Guitar Workshop", puis j’ai enregistré un album appelé "The Mind Parasites" pour "Transatalantic Records".

De quel titre êtes-vous le plus fier ?

Je suis fier de la musique de "Photographing Fairies" et j’aime toujours la bande originale de "Santa Sangre" et aussi quelques extraits de "Midsummer Night’s Dream", mon précédent travail avec Dario Argento et d’autres réalisateurs italiens me fascinent à présent, parce que j’étais réellement en train d’explorer une nouvelle technologie expérimentale de synthétiseurs et d’échantillonneurs dans le milieu des années 80, ils ont un son et un rendu bien propriétaires.

Est-ce que Dario Argento ou Michele Soavi vous ont appelé pour travailler sur le documentaire "Dario Argento's World of Horror" ou les avez-vous contactés de vous-même ?

Ils ont utilisé ma musique parce que j’ai travaillé sur "Phenomena" pour Dario et pour le premier film de Michele : "Aquarius" (aka "bloody bird").

Sur "Phenomena", avez-vous travaillé directement avec les Goblins ou bien de votre côté ?

J’ai commencé à travailler avec eux dans leur studio mais le temps ne jouait pas en notre faveur et nous nous sommes séparés en plusieurs équipes sur différents studios d’enregistrement. J’ai alors appelé le chanteur d’un groupe appelé "The Sex Gang Children" que je venais juste de produire (à ce moment j’étais plus un enregistreur/producteur qu’un compositeur). J’avais besoin de quelques sons étranges et Andi avait la voix la plus étrange que j’ai jamais entendue.

Rencontrez-vous toujours les Goblins ?

Malheureusement non depuis quelques années.

Comment avez-vous rencontré Lamberto Bava ? Vous avez beaucoup travaillé avec lui…

Je lui fut présenté par Dario Argento qui alors produisait "Démons 2" que Lamberto réalisait et j’ai travaillé sur la musique.

Lorsque vous écrivez des partitions pour les films italiens (spécialement les giallos), y a-t-il des règles à respecter ?

Je compose toujours ce que je ressens juste pour le film, quelque soit son genre.

Est-ce que les musiques de "Delirium" ou "Demons 2" par exemple ont des besoins différents lors de leur création ?

Honnêtement, je ne me rappelle pas la différence entre les deux ! Mais je suis toujours à l’écoute de ce dont parle le film, de son message, et de ce que le réalisateur essaie de faire passer.

La musique "Demonica" sur "Demons 2" est très dynamique, au contraire de "Life in TV", quel style préférez-vous ?

J’aime me pencher sur plusieurs styles différents donc je n’ai pas le temps de m’en lasser. Mais, bien entendu, les différentes scènes ont besoin d’approches très orientées. Je préfère les mouvements lents car ils transcrivent en général des émotions plus subtiles.

Vous avez écrit une chanson appelée "Imagination", très optimiste, que nous pouvons entendre sur plusieurs films. De quoi "Imagination" parle-t-elle ? Y a-t-il un message à comprendre ?

Je crois que nous sommes tous esclaves de la société de consommation et en sommes devenus dépendants. Le monde de l’imagination est, pour moi, le seul refuge pour échapper à ces pressions. Très naïf, je sais ! Je pense que la publicité est le vrai démon et a créé une incroyable pression sur nous pour que nous voulions devenir le genre de personne que nous ne serons jamais.

Avez-vous des projets pour l’avenir ? Lesquels ?

Je viens juste de terminer un album après 13 ans ! J’ai pris mes bandes originales, les ai découpées et réassemblées en chansons et nouveaux travaux. Quelques acteurs et réalisateurs ont contribué à cet album. On y retrouve entre autres Dario Argento, Alejandro Jodorowsky, Ewan Mac Gregor, Ray Winstone et beaucoup d’autres. Ca s’appellera "Close your Eyes". Le distributeur n’est pas encore choisi.

Merci Simon Boswell !

Interview réalisée le 07/01/2006 par Lionel COLNARD.
Questions de Lionel COLNARD, Gérald Giacomini et David Scherer.



Lionel Colnard Sat, 10/06/2012 (All day)